Ciné Guimbi: Plus qu’un ciné, un pôle de développement communautaire

 
Africalia Belgium a organisé du 27 septembre au 1er octobre 2014, un atelier de planification stratégique sur l’offre culturelle Bobo Dioulassa (Burkina Faso) réunissant plusieurs experts culturels burkinabè sous la conduite de l’ingénieur projet Luc Ameye. Il s’est agi de faire du projet Ciné Guimbi, au-delà de la réhabilitation d’une salle de cinéma, un pôle culturel de développement de la ville. Lire l’article sur www.africalia.be

Ciné Guimbi: Plus qu’un ciné, un pôle de développement communautaire

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C’est entre autres cette « confrontation à un tout autre univers » que voulaient les protagonistes de ce  projet. Découvrez-le en lisant l’article Ciné Guimbi: Plus qu’un ciné, un pôle de développement communautaire, partie à leur rencontre, ci-dessous ou en le téléchargant en pdf ici.


Ciné Guimbi: Plus qu’un ciné, un pôle de développement communautaire

Africalia Belgium a organisé du 27 septembre au 1er octobre 2014, un atelier de planification stratégique sur l’offre culturelle Bobo Dioulassa (Burkina Faso) réunissant plusieurs experts culturels burkinabè sous la conduite de l’ingénieur projet Luc Ameye. Il s’est agi de faire du projet Ciné Guimbi, au-delà de la réhabilitation d’une salle de cinéma, un pôle culturel de développement de la ville.

S’il est un projet de réhabilitation d’une salle de cinéma qui est sous les feux de l’actualité depuis un bon moment, c’est bien celui du ciné Guimbi. Cette salle de cinéma a accompagné l’éveil au cinéma de plusieurs générations de Bobolais depuis son ouverture en 1956. D’ailleurs le cinéaste Gaston Kaboré qui fit une partie de son adolescence à Bobo et qui habita à côté de la salle confiait dans une interview : « Le Ciné Guimbi constitue à mes yeux un élément mythique du patrimoine cinématographique national. Entre 1964 et 1970, j’ai regardé des films dans cette salle qui ont contribué à fonder partiellement, durant mon adolescence, les bases de mon rapport au 7ème art… ».

A l’international, l’histoire de cette salle en ruine qu’il faut sauver a ému les amoureux du cinéma. Que ce soit à Cannes, à Namur ou à Montréal, chaque festival a offert à Berni Goldblat, le porteur de cette initiative, un espace de visibilité pour plaider la cause du Ciné Guimbi. Celui-ci a su agréger autour de son affaire de centaine de partenaires. Déjà la moitié des financements pour la construction et l’équipement de l’édifice a été réunie : le terrain a été racheté et est désormais la propriété de l’Association de soutien au cinéma du Burkina. Des cinéphiles du monde entier s achètent les fauteuils du futur cinéma qui porteront leur nom. Tout semble aller pour le mieux pour le Ciné Guimbi.

Alors pourquoi Africalia a senti le besoin d’organiser cet atelier de planification stratégique ? Frédéric Jacquemin, le Directeur Général d’Africalia Belgium explique : « j’ai rencontré Berni Goldblat et j’ai trouvé son projet pertinent. En effet, il y a le besoin de diffusion culturelle et audio-visuelle au Burkina Faso. Mais le projet était fort axé sur l’investissement et l’équipement. »

Il ajoute : « Africalia, ne souhaite pas intervenir dans un projet sans au préalable une analyse concertée avec tous les partenaires du projet. »

C’est dans ce sens qu’Africalia a voulu à travers cet atelier aider à l’élaboration d’un projet culturel inclusif avec des retombées socio-économiques pour la communauté, en réunissant plusieurs experts nationaux de structures privées, étatiques et de la société civile. Ainsi, ont pris part à cet atelier le Cinéma Numérique Ambulant (CNA), l’Union Nationale des Cinéastes du Burkina (UNCB), l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS), le Centre Régional des Arts Vivants (CRAV) et l’association porteuse du projet Ciné Guimbi.

Luc Ameye sort satisfait de cette semaine de réflexion : « L’atelier a permis de renforcer l’appropriation du projet par les partenaires locaux, les pouvoirs publics et les membres de la société civile. Il a permis de structurer le projet, d’établir des priorités, de formaliser les différents résultats attendus. »

Cet atelier a aussi mis l’accent sur les dimensions formative, économique et sociale et sur la planification dans le temps, ce qui va donner au final un dossier mieux structuré.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’une salle est réhabilitée au Burkina Faso. En 2004, dans la ville de Gaoua, située à 400 km de la capitale, le cinéaste Drissa Touré avait réhabilité un cinéma à ciel ouvert qui a fermé après quelques années. Par ailleurs il existe bien une salle de cinéma à Bobo, le Ciné Sanyon, couvert et climatisé mais qui ne fonctionne pas. Par conséquent, il s’agit, au-delà de l’achat du terrain et de l’érection d’une salle de cinéma, de penser un projet culturel qui ait l’adhésion de la communauté et qui pense le cinéma de façon innovante et participative. C’est pourquoi, pour Luc Ameye, après la construction des infrastructures commencent « les choses sérieuses ». Aussi l’atelier a-t-il proposé une étude de marché pour bien sonder l’environnement quant à la programmation, aux types le type de films, à la façon de réhabiliter le cérémonial de la sortie ciné en famille pour résister à la concurrence des vidéo-clubs et des chaînes satellitaires.

Pour Africalia Belguim, s’engager à côté d’une telle entreprise avec cet atelier inclusif et prospectif était fondamental car il privilégie les partenariats sud-sud et entre acteurs culturels du privé et des structures publiques. Pour Frédéric Jacquemin et Luc Ameye, Ciné Guimbi est un laboratoire qui, s’il aboutit, pourrait être modélisé pour servir ailleurs. Et ils sont confiants dans la réussite de ce projet qui grâce à cet atelier va s’enraciner davantage dans la communauté d’accueil et offrir aux éventuels partenaires plus de garantie.

Saïdou Alcény BARRY I www.africalia.be