LE OUOTIDIEN SÉNÉGAL DISPARITION DES SALLES DE CINÉMA EN AFRIQUE: Il faut sauver le Ciné Guimbi I  Les salles de cinéma disparaissent les unes après les autres sur le continent africain. C’est le cas à Bobo Dioulasso au Burkina Faso où le Ciné Guimbi est devenu un champ de ruine depuis sa fermeture en 2003. L’initiative «Il faut sauver le Ciné Guimbi» ambitionne de redonner vie à ce haut lieu culturel.

Sur tout le continent africain, les salles de cinéma disparaissent les unes après les autres. Pays de cinéma, le Burkina n’échappe tout de même pas à cette tendance. A Bobo Dioulasso, le Ciné Guimbi est un champ de ruine qu’une poignée de bonnes volontés tentent de remettre sur pied. C’est ainsi qu’est née l’initiative «Il faut sauver le Ciné Guimbi» du nom d’une salle de cinéma emblématique de Bobo et qui est à l’arrêt depuis 2003. A la base de cette initiative, Berni Goldblat, un réalisateur d’origine suisse et Sali Sankara, une Burkinabè, militante du cinéma. «Il faut sauver le Ciné Guimbi est une association qu’on a créée en 2011. C’est une association qui cherche à récolter des fonds pour sauver cette salle», explique Sali. Elle précise que ce projet de rachat, de réhabilitation et de réouverture de la salle de cinéma Guimbi vise à récolter quelque 623 159 000 francs Cfa, soit 950 000 euros pour la réalisation de 2 salles couvertes et fonctionnelles de 154 places et 323 places, ainsi que d’une salle multifonctionnelle pouvant abriter des conférences, expositions et formations.
Ciné Guimbi va donc être au cœur d’un pôle image intégrant de la formation, de la documentation et de l’éducation à l’image, mais aussi l’organisation d’un festival annuel, explique Berni Goldblat, le coordonnateur du projet. «On a prévu de ré-attirer un public dans les  salles en organisant par exemple des projections inclusives. Il y a derrière la salle un grand marché de légumes  tenu par des femmes. On a eu l’idée de les ramener en salle avec des projections pour elles et selon leurs horaires», soulignent Bernie. Déjà, de nombreuses bonnes volontés du monde du cinéma ou des mécènes se sont signalés en faisant des dons ou en achetant des fauteuils. «La vente de sièges permet au projet d’être connu et à des gens de la profession de se dire on a participé à l’effort de guerre», souligne Bernie. «Depuis fin janvier, on a vendu 120 sièges, mais il en reste quand même pas mal puisqu’on a 480 et quelques sièges. L’idée, c’est que tu achètes ton siège à 200 000 f Cfa et tu mets ton nom derrière», informe Berni qui se réjouit par ailleurs que la vente de sièges ne soit pas le seul moyen de financement. «En un an, nous avons récolté près de 200 000 euros et grâce à la Fondation Michel Berset, on a pu sécuriser le site et on a des sous pour commencer le chantier grâce à la coopération suisse.»
Cette campagne de communication dans les festivals a permis de décrocher la participation de l’architecte de haut niveau, Jean Marc Laleau, qui a réalisé la maquette du futur complexe audiovisuel. Haut lieu culturel de Bobo, la salle est au cœur d’un espace qui a connu le déclin. La reconstruction de la salle est donc aussi un enjeu économique pour les populations de la ville de Bobo, souligne Sali Sankara. Quelques stars de cinéma, des autorités, des institutions, des festivals, des salles de cinéma etc. ont participé à cet œuvre. Mais le pari n’est pas encore gagné et l’équipe de Ciné Guimbi continue son périple pour prêcher le bon geste qui permettra de sauver la salle. Après les 11e Rencontres internationales du documentaire de Saint-Louis, l’équipe se rendra au Festival de Genève. L’objectif étant d’ouvrir la salle en fin 2015.

Mame Woury THIOUBOU I Le Quotidien Sénégal I 13/12/2013