LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE PARRAINE LE CINÉ GUIMBI ! The French Cinémathèque supports Ciné Guimbi! Bobo-Dioulasso est la seconde ville et la capitale culturelle du Burkina Faso, pays phare du cinéma africain et panafricain situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Malgré cela, cette ville ne dispose plus aujourd’hui de salle de cinéma en fonction. Pour lutter contre cette fatalité qui touche de nombreux pays dans le monde, l’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso a lancé un projet de sauvetage et de réhabilitation du mythique Ciné Guimbi. Depuis 18 mois, un réseau de soutien international a été initié autour de ce projet et ce, principalement dans le monde du 7ème art : du Fespaco au FIFF Namur en passant par le Festival de Cannes, ce sont plus de 40 festivals de films internationaux et de nombreuses salles de cinéma dans le monde, qui sont aujourd’hui engagés dans la lutte pour sauver le ciné Guimbi.

“… Le Ciné Guimbi constitue à mes yeux un élément mythique du patrimoine cinématographique national. Entre 1964 et 1970 j’ai regardé des films dans cette salle qui ont contribué à fonder partiellement, durant mon adolescence, les bases de mon rapport au 7ème art…” Gaston Kaboré

Pays phare du cinéma africain grâce à l’organisation du FESPACO (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou), le Burkina Faso, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté, depuis une décennie, au phénomène de fermeture des salles de cinéma. La raison principale de cet échec est le manque de bonne gestion du secteur de la distribution en salle des films de cinéma. C’est ainsi que la Société nationale de distribution (SONACIB), née d’une nationalisation des salles de cinéma en 1970 a été liquidée par l’État en 2003. La plupart de ses salles qui ont été cédées au privé sont transformées en magasins, en gares routières, en lieux de culte ou en super marchés.

Bobo-Dioulasso, 600 000 habitants, ancienne capitale du temps des colonies, n’a plus de cinéma. Et pourtant, en 1956, avant l’indépendance, c’est là qu’ouvre le premier cinéma géré par un Africain, dans un quartier qui n’est pas réservé aux colons.

Ce cinéma en plein air doit son nom à la princesse Guimbi Ouattara, véritable héroïne de la ville de Bobo, mais elle n’a rien pu faire face à l’explosion du marché de la vidéo et du DVD pirate. Ces phénomènes ont ruiné le Guimbi dont ne subsiste plus aujourd’hui que l’écran en béton attaqué par des moisissures. Mais les choses bougent, et le réalisateur, le producteur Berni Goldblat, à l’origine du projet de réhabilitation, est optimiste.

« On a réussi à racheter le terrain. On a de l’argent pour commencer le chantier. L’année passée, on a rencontré un architecte qui s’appelle Jean-Marc Lalo. C’est l’architecte de la cinémathèque de Tanger et aussi l’architecte de trois nouvelles salles de cinema à Dakar. Il a également fait un cinema à Kaboul. Bref, c’est un spécialiste de salles de ciné. Pour Bobo, il nous a fait une magnifique maquette avec laquelle on pourra faire notre permis de construire. On fait les sondages au sol et au mois de juillet on commence le chantier. »

L’architecte Jean-Marc Lalo a dessiné un bâtiment d’inspiration sahélo-soudanaise, avec un dôme en fer forgé. Si tout va bien, l’ouverture des trois salles, sur 1 400 mètres carrés, est prévue fin 2015.

La cinémathèque française I 03/07/20104