PARCE QUE LE LE CINÉMA SOUFFRE AU BURKINA I Wim Willaert a signé. Il a acheté ce siège de cinéma à 300€, dans une salle à construire, geste simplement altruiste pour dire que le 7e art doit se vivre sur tous les continents, dans tous les lieux possibles.

On parle ici du Burkina Faso, et de la Ville de Bobo Dioulasso, qui compte tout de même 600 000 habitants. Ni banlieue ni village. Plus aucun grand écran n’y est aujourd’hui actif. « L’arrivée de la vidéo à la demande sur le câble, et des DVD, a fait en sorte que les gens ne venaient plus forcément au cinéma. Nous nous battons pour réinstaller des salles. » Berni Goldblat est le porte-parole de l’action.

Pays phare du cinéma africain grâce à l’organisation du FESPACO (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou), grand ami du FIFF, le Burkina Faso, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté, depuis une décennie, au phénomène de fermeture des salles de cinéma.

La raison principale de cet échec est le manque de bonne gestion du secteur de la distribution en salle des films de cinéma. C’est ainsi que la Société nationale de distribution (SONACIB), née d’une nationalisation des salles de cinéma en 1970 a été liquidée par l’État en 2003. La plupart de ses salles qui ont été cédées au privé sont transformées en magasins, en gares routières, en lieux de culte ou en super marchés.

Sous le chapiteau du FIFF, ces amoureux de la pellicule demandent un geste. A Bobo Dioulasso, ce sont 600 000€ qui sont nécessaires pour rallumer les projecteurs. Des fonds sont demandés via les pouvoirs publics: l’Europe, des fondations privées aussi. Surtout, c’est une mobilisation générale qui sert à espérer que le projet aboutira. Avec une méthode pour y parvenir qui est inédite et aussi magnifique qu’inventive: sur la table, sous le chapiteau, voici le plan des deux salles de 496 sièges au total qui sont développées sur le plan. Chaque siège attend son parrain: 300€ la place, avec la promesse d’une inscription dans le dossier.

Le financement peut prendre des formes plus modestes, via l’achat de Pins, de tee-shirts.

Le ciné Guimbi, puisque tel est son nom, de celui d’une princesse locale devenue iconique dans la vie historique de la ville, est soutenu par de nombreux festivals, organismes et salles de cinémas à travers le monde. Un réseau de soutien international se développe autour du projet.

Venez autour de la table. Quelques euros pour soutenir l’image chez des voisins….

 

Cédric FLAMENT I L’Avenir I 01/10/2013